jeudi 24 février 2011

Le monde agricole se met aux jeux de simulation

Les jeux de simulation agricole creusent leur sillon.
Loin de la fantaisie d'un FarmVille, on voit apparaître d'autres jeux de simulation, plus réalistes. Par exemple le français SimAgri, qui a séduit 25.000 fermiers virtuels.
Pour se former en s'amusant, l'agriculture a désormais ses « serious games ». On ne compte plus les jeux de simulation agricoles « réalistes » à installer sur son ordinateur. Certains sont proposés par des constructeurs emblématiques du monde agricole, comme John Deere (avec Drive Green et American Farmer, par exemple).
D'autres ont été conçus par des développeurs et des éditeurs « indépendants ». C'est le cas, entre autres, du jeu français SimTractor ou de l'allemand Landwirtschaft Simulator. Sans oublier SimFarm, un simulateur de gestion d’exploitation agricole mis au point par l'éditeur Maxis (Electronics Arts), par ailleurs à l'origine du célèbre jeu de simulation urbaine SimCity.
Parallèlement, les jeux de simulation en ligne se multiplient. Les nouvelles plates-formes ont parfois été mises au point par des éditeurs de logiciels agricoles comme Isagri, qui a créé le jeu Strategie-agri.fr. Elles sont aussi souvent le fait de développeurs passionnés. C'est le cas de Kocholand, un site ludique d'élevage de cochons virtuels, créé par deux indépendants en 2002 et devenu partiellement payant huit années plus tard.
 
SimAgri
Autre exemple : le site français de simulation agricole SimAgri a été mis en ligne en 2005 par deux frères, Baptiste et Christophe Lemaire. Le succès aidant, les deux créateurs s'y consacrent désormais à temps plein, avec deux autres salariés, et ils ont créé une société (Expone) pour tirer leurs premiers revenus du projet.
Selon Christophe Lemaire, SimAgri - qui requiert un abonnement de la part de ses utilisateurs souhaitant effectuer des transactions - compte à ce jour 25.000 fermiers virtuels, amenés à gérer quotidiennement leur exploitation en s’occupant des animaux, des cultures, du matériel agricole… Parmi ces exploitants virtuels, environ 85% sont, selon lui, « des jeunes de moins de 25 ans qui s'intéressent aux métiers de l'agriculture ». Lesquels consacrent leur temps libre à cette activité censée être à la fois « ludique » et « éducative », puisqu'elle leur permet de « savoir à quelle période semer le blé »...
Les contenus et les paramètres du jeu de simulation sont « le fruit de recherches sur internet et de contacts avec des professionnels du monde agricole », explique le co-fondateur. Chaque e-agriculteur peut notamment gérer 85 types d'animaux et utiliser les matériels de 66 marques (Claas, John-Deere, Massey-Ferguson...).
 
Petits arrangements avec la réalité
Mais si le jeu se veut proche de la réalité, les auteurs ont été obligés de procéder à quelques aménagements pour « améliorer sa jouabilité », explique Christophe Lemaire. Un exemple : « Un an dans le monde réel vaut trois mois sur SimAgri ».
Enfin, bien que conseillé par certains formateurs et enseignants, SimAgri n'est pas officiellement utilisé dans les lycées agricoles. Il le sera peut être un jour. De même que d'autres « serious games » plus institutionnels, comme FarmLand, un jeu mis en ligne en 2008 par l'Union européenne pour sensibiliser les plus jeunes à la sécurité des aliments. De la ferme à l’assiette, il n’y a qu’un jeu.
(Source: L'usine Nouvelle)

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